Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) exprime son horreur après les fusillades survenues à Trappes et à La Verrière, qui ont fait un mort et quatre blessés, dont une enfant.
Il s’incline devant la mémoire de la victime décédée et exprime toute sa solidarité (…)
Trappes et La Verrière : face à la terreur raciste, le MRAP exige une réaction urgente des pouvoirs publics
Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) exprime son horreur après les fusillades survenues à Trappes et à La Verrière, qui ont fait un mort et quatre blessés, dont une enfant.
Il s’incline devant la mémoire de la victime décédée et exprime toute sa solidarité avec les personnes blessées, leurs familles et l’ensemble des habitants profondément éprouvés par ces événements.
La saisine du parquet national antiterroriste et l’examen d’une possible motivation raciste confèrent à cette affaire une gravité particulière. Il appartient désormais à la justice de faire toute la lumière sur les circonstances de ces crimes et sur les motivations de leur auteur présumé.
Le MRAP refuse de considérer ces événements comme de simples faits divers. La possibilité que des personnes aient été prises pour cibles en raison de leur origine, de leur couleur de peau ou de leur appartenance réelle ou supposée à une communauté constitue une atteinte d’une extrême gravité aux principes fondamentaux de notre République.
Le racisme n’est pas une opinion, c’est une infraction pénale. Lorsqu’il conduit à la violence, il détruit des vies, terrorise des familles et menace les fondements mêmes de notre société.
Face à de tels actes, l’indignation ne suffit plus. Il faut agir.
C’est pourquoi le MRAP annonce que sa commission juridique a été saisie et que les avocats de l’association sont d’ores et déjà mobilisés pour suivre attentivement cette affaire, analyser les qualifications pénales susceptibles d’être retenues et examiner toutes les possibilités d’intervention du MRAP dans la procédure judiciaire.
Mais la réponse ne saurait être exclusivement judiciaire. Le MRAP exige des pouvoirs publics une réaction urgente, ferme et à la hauteur de la gravité des faits. La lutte contre le racisme ne peut se résumer à des déclarations de principe ou à des condamnations de circonstance. Elle exige une volonté politique constante, des moyens et des actes.
Le MRAP rappelle également la responsabilité particulière des responsables politiques et des médias. Ceux qui, par leurs discours, leurs amalgames ou leurs prises de position, attisent ou banalisent la haine raciste doivent mesurer la portée de leurs paroles et les conséquences qu’elles peuvent avoir. Les mots ne sont jamais anodins lorsqu’ils désignent des populations à la vindicte, légitiment les préjugés ou alimentent la peur de l’autre.
Il serait irresponsable de continuer à considérer la montée du racisme comme une simple dérive du débat public. À force de stigmatiser, d’opposer et de désigner des boucs émissaires, on contribue à installer un climat dans lequel la haine devient acceptable et la violence pensable.
À Trappes, à La Verrière ou sur tout autre territoire de la République, nul ne doit avoir à craindre pour sa vie en raison de son origine, de sa couleur de peau ou de sa religion.
Le MRAP appelle solennellement les pouvoirs publics, les responsables politiques et l’ensemble des acteurs de la société à prendre la mesure de la gravité de la situation. Il ne suffit plus de s’indigner lorsque le pire survient. Il faut combattre sans relâche les discours et les idéologies qui nourrissent la haine, protéger celles et ceux qui en sont les cibles et faire de la lutte contre le racisme une véritable priorité nationale.
La République ne peut tolérer que certains de ses citoyens vivent dans la peur en raison de ce qu’ils sont ou de ce qu’ils sont supposés être.
Le racisme n’est pas une fatalité. Il prospère lorsque les consciences s’habituent, lorsque les paroles se banalisent et lorsque les pouvoirs publics renoncent à agir.
Face à la haine raciste, le temps n’est plus aux seules déclarations. Il est à la responsabilité, au courage politique et à l’action. Car chaque renoncement à combattre le racisme est un recul de l’égalité, et chaque silence face à la haine est une menace pour notre fraternité commune.
MRAP
Des mineures stigmatisées sur les réseaux sociaux : nos associations portent plainte contre Jean Messiha et contre X
Des mineures stigmatisées sur les réseaux sociaux : nos associations portent plainte contre Jean Messiha et contre X
Paris, le 20 octobre 2026
SOS Racisme, la Ligue des droits de l’Homme/droits humains (LDH), le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), la Fédération des Maisons de Quartier et de l’Insertion (FMQI) de Saint-Nazaire et l’association Tous en Mer ont déposé plainte auprès du parquet de Paris contre Jean Messiha et contre X, auteurs de publications haineuses. Ces faits sont susceptibles de recevoir notamment les qualifications d’injures publiques à caractère raciste, de provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence et de cyberharcèlement raciste.
Le 8 juillet 2026, Jean Messiha a diffusé sur X, Instagram et Facebook une photographie de plusieurs jeunes filles mineures de Saint-Nazaire. Elles participaient à un séjour en voilier organisé par deux Maisons de Quartier et l’association Tous en Mer, et se baignaient sur la plage de Ramonette à Belle-Île-en-Mer. La légende qui accompagne l’image les désigne comme des « suprémacistes islamiques » venant « enlaidir le paysage avec leur infâme et hideux burkini ».
Rien dans cette scène de baignade ne permet d’attribuer à ces adolescentes une quelconque idéologie. Une tenue de bain couvrante devient, sous la plume de Jean Messiha, le marqueur d’une adhésion à l’extrémisme. C’est précisément le mécanisme de l’essentialisation : réduire des personnes – ici des mineures – à une religion réelle ou supposée, puis assimiler cette religion à une menace. L’exploitation de leur image, sans autorisation et dans un but de stigmatisation, porte également atteinte à leur droit à la vie privée.
Mise en ligne par un compte disposant de plusieurs centaines de milliers d’abonnés, la publication a déclenché une vague de commentaires d’une rare abjection : injures, appels au rejet ou à l’expulsion, assimilations à des « cancers », des « parasites » ou des « déchets ». Plusieurs de ces propos visent les jeunes filles photographiées ou, plus largement, les personnes musulmanes ou perçues comme telles.
Cette affaire s’inscrit dans une escalade des discours de haine anti-musulmans, particulièrement portée par des figures de l’extrême droite qui n’hésitent pas à instrumentaliser l’image de mineures. Jean Messiha, déjà condamné pour injure publique, a par ailleurs réagi à l’annonce d’un dépôt de plainte du maire de Saint-Nazaire en appelant à son arrestation pour « haute trahison ». Cette fuite en avant confirme le caractère assumé de sa démarche.
Nos associations demandent à la justice d’identifier les auteurs, de préserver le droit à l’image des victimes et de poursuivre fermement les responsables. Elles appellent également les plateformes à retirer immédiatement les contenus litigieux et à assumer pleinement leurs obligations de modération. Le racisme n’est pas une opinion. C’est un délit. La dignité de ces jeunes filles, le respect dû à toutes les communautés et le principe de fraternité ne sont pas négociables.
Signatures :
SOS Racisme
Ligue française pour la défense des droits de l’Homme et du citoyen/droits humains (LDH)
Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP)
Fédération des Maisons de Quartier et de l’Insertion de Saint-Nazaire
Association « Tous en Mer »
