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MRAP

Rafle du Vél’ d’Hiv : la mémoire est un devoir, la vigilance une exigence




Les 16 et 17 juillet 1942, plus de 13 000 femmes, hommes et enfants juifs étaient arrêtés lors de la rafle du Vélodrome d’Hiver par la police française, avant d’être déportés vers les camps d’extermination nazis. Parmi eux, plus de 4 000 enfants. Presque aucun ne reviendra.

Cette tragédie rappelle une vérité essentielle : le racisme, l’antisémitisme et la haine ne surgissent jamais du jour au lendemain. Ils prospèrent lorsque les préjugés se banalisent, lorsque les discours d’exclusion sont tolérés et lorsque les institutions renoncent à protéger les principes fondamentaux de l’État de droit.

Alors que les actes antisémites et autres actes racistes connaissent une recrudescence inquiétante et que les discours de haine se libèrent, le souvenir de la rafle du Vél’ d’Hiv nous oblige. Il nous impose de combattre sans relâche toutes les formes de racisme, d’antisémitisme, de xénophobie et de discrimination, où qu’elles s’expriment et quelles qu’en soient les victimes.

Le MRAP rend hommage aux victimes de la Shoah et réaffirme que la mémoire n’est pas une commémoration figée : elle est un engagement. Celui de refuser la banalisation de la haine, de défendre l’égalité de toutes et tous et de faire vivre les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de solidarité.

Parce que se souvenir n’a de sens que si cela nous conduit à agir, le MRAP poursuivra, sans relâche, son combat contre toutes les formes de racisme. Le MRAP appelle à rejoindre et soutenir ce combat en adhérant (https://mrap.fr/contact-adhesion-427.html) et/ou en faisant un don (http://mrap.fr/dons.html).

Le Bureau national du MRAP

16 juillet 2026

L’instrumentalisation de la justice pour supprimer la liberté d’expression au Royaume du Maroc. Le MRAP rappelle l’universalité des droits humains.




Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu se trouve à Rabat, avec une dizaine de ministres de son gouvernement, pour renforcer les relations sécuritaires et économiques franco-marocaines, un citoyen français, Ali Lmrabet, journaliste indépendant, est encore une fois victime de la répression des autorités marocaines à l’encontre des voix critiques.

Si dans sa Constitution le Royaume du Maroc réaffirme son attachement aux droits de l’Homme tels qu’ils sont universellement reconnus et garantit les libertés de pensée, d’opinion et d’expression sous toutes leurs formes (art. 25), l’article 275 e/ du Code pénal (adopté le 15 août 2016) en limite la portée en punissant quiconque insulte la religion musulmane, la monarchie ou incite à porter atteinte à l’intégrité territoriale du Royaume.

En d’autres termes, il est interdit de critiquer le souverain (et les membres de sa famille) ou ses décisions, ainsi que revendiquer l’indépendance du Sahara occidental (sous occupation illégale de la part du Maroc), bien que l’ONU considère le territoire comme "non autonome", ayant un statut séparé et distinct de celui du royaume et que la Cour Internationale de Justice, dans son avis consultatif de 1975, avait affirmé que les éléments et renseignements portés à sa connaissance n’établissent l’existence d’aucun lien de souveraineté territoriale entre le territoire du Sahara occidental et le Royaume du Maroc.

Ali Lmrabet, arrêté dimanche 12 juillet lors son débarquement à Tanger se trouve encore une fois à devoir affronter la répression des autorités judiciaires marocaines à cause de ses activités journalistiques. Depuis 2015 il est exilé en Espagne à cause de l’interdiction d’exercer son métier de journaliste qu’on lui avait faite, après qu’on lui ait fermé les publications qu’il avait créé et dirigé et qu’on l’ait condamné à trois ans d’emprisonnement pour "outrage au roi" et "atteinte à l’intégrité territoriale.

Si au sein des organes des Nations Unies le Royaume du Maroc se montre actif en matière de sécurité des journalistes et de lutte contre la corruption, sur le plan interne il en va tout autrement.

Au cours de ces vingt dernières années plusieurs journalistes marocains ont choisi l’exil, plusieurs journalistes sahraouis croupissent dans les geôles marocaines. L’historien franco-marocain Maâti Monjib est interdit de quitter le territoire afin qu’il ne puisse pas participer à des conférences académiques en France. La militante franco-marocaine Zineb El Kharroubi a été récemment condamnée pour avoir appelé à une manifestation pacifique devant l’ambassade marocaine à Paris.

Les militants sahraouis revendiquant le libre exercice du droit à l’autodétermination ont été condamnés à plusieurs dizaines d’années de prison. Parmi ceux-ci, Naâma Asfari est à son 39ème jour de grève de la faim illimitée afin que les autorités marocaines se conforment aux décisions en sa faveur (et de celle de ses camarades) des mécanismes onusiens des droits humains.

Attachant une importance toute particulière au principe d’universalité des droits humains, le MRAP appelle le Premier ministre et le gouvernement français à défendre les droits humains au Royaume du Maroc aussi et d’inclure dans le dialogue franco-marocain un volet dédié aux droits humains et de tout mettre en œuvre pour que tous les prisonniers d’opinion soient libérés.

Paris, le 16 juillet 2026


Communiqués du MRAP (Voir aussi les appels et communiqués dont le MRAP est signataire)


Communiqués de Collectifs soutenus par le MRAP