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Histoire, mémoire, anticolonial


Le MRAP s’associe à l’hommage rendu à Maurice Audin

Le MRAP s’associe à l’hommage
rendu à Maurice Audin


La place Maurice Audin, à Alger, est depuis des semaines l’épicentre de manifestations pour la liberté et la démocratie ; la figure du mathématicien algérien assassiné par l’armée française à l’âge de 25 ans, en juin 1957, est un symbole pour la jeunesse en lutte de son pays. Il est donc particulièrement émouvant qu’ait été inauguré un cénotaphe à la mémoire de Maurice Audin, à proximité du « Mur des Fédérés » au cimetière du Père Lachaise à Paris, le 11 juin 2019, jour anniversaire de son arrestation, il y a 62 ans.
L’adoption par le Conseil de Paris, en 2018, à l’unanimité, d’une résolution en vue de l’érection de ce cénotaphe est le fruit d’une lutte amorcée par l’association Maurice Audin, sitôt après l’inauguration le 25 mai 2004, par Bertrand Delanoë, de la place Maurice Audin dans le cinquième arrondissement de Paris. Un tel monument devait en effet permettre de graver dans le marbre à la fois la réalité du combat de Maurice Audin, la vérité sur le système de répression institutionnalisé par la République Française qui a permis le crime d’État que fut sa mort sous la torture et l’affirmation de,selon l’inscription qui figure sur la pierre, la « détermination de toutes celles et tous ceux qui luttent pour que les crimes d’État, les arrestations arbitraires, la torture et les disparitions forcées qui ont cours partout dans le monde soient punis et ne puissent plus se reproduire ».
Lors de cette cérémonie a été lu un message de Sadek Hadjerès, âgé de 91 ans, compagnon de lutte de Josette et Maurice Audin, qui a rappelé leur action commune pour l’indépendance, au sein du Parti Communiste Algérien, en accord avec le Front de Libération Nationale, et le rôle de Maurice Audin pour la propagande, notamment auprès des milieux étudiants, et pour la protection des combattants. Il a évoqué aussi l’aide que Josette Audin n’a cessé, même après la « disparition » de son mari, d’apporter aux militants détenus et à leurs familles.
Le MRAP, que le président de l’association Maurice Audin, 1,50 cmPierre Mansat a, dans son discours, cité parmi les associations au soutien desquelles il a rendu hommage, s’engage à poursuivre sa participation aux actions menées pour, par delà la déclaration bienvenue du président de la République du 13 septembre 2018, obtenir toujours plus de vérité. Vérité, en dépit des destructions certaines de documents compromettants, sur l’assassinat de Maurice Audin, sur ceux qui l’ont ordonné et sur ceux qui l’ont exécuté. Vérité sur les milliers de disparitions qui ont marqué la sauvagerie du système d’« arrestation-détention » légalisé par les pouvoirs spéciaux conférés à l’armée durant la guerre d’Algérie, ce qui nécessite d’exiger la large ouverture d’archives annoncée par Emmanuel Macron, mais non encore obtenue, et ce pour quoi le site de recueil de témoignages 1000autres.org, créé en septembre 2018 par l’Association Histoire coloniale et postcoloniale, constitue un outil précieux. 
Fidèle à son objectif d’amitié entre les peuples, le MRAP situe cette lutte dans sa volonté d’affirmer toujours plus de solidarité entre les peuples algérien et français.


Paris le 12 juin 2019

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