Marianne ou le prêt à penser diffamatoire sans droit de réponse
Marianne ou le prêt à penser diffamatoire
sans droit de réponse
« Calomniez, calomniez…il en restera toujours quelque chose ».
C’est peut-être l’exercice préféré de Guy Konopniky qui, pour la
deuxième fois consécutive, distille sciemment des mensonges et des
contres vérités à l’encontre du MRAP, publiés dans la revue Marianne en
octobre 2006 où il qualifiait le MRAP de « Mouvement pour le respect
d'Allah et du Prophète », affirmation reprise par la presse et les sites
d’extrême droite.
Il récidive dans un article diffusé dans le magazine Marianne du 2 au 8
février 2008 portant le numéro 563 et intitulé « Le MRAP sur la voie du
sacrifice ».
Vous trouverez ci-joint le « droit de réponse »du MRAP et qui n’a fait,
à ce jour, l’objet d’aucune réaction de la part de son destinataire.
Le collège de la Présidence du MRAP.
MARIANNE
Monsieur le Directeur de la publication
32 rue René Boulanger
75484 Paris Cedex 10
Paris, le 5 février 2008
Nos Réf : AM/ST
Monsieur le directeur de la publication,
Nous prenons connaissance d’un article diffusé dans votre magazine du 2
au 8 février 2008 portant le numéro 563 et intitulé « Le MRAP sur la
voie du sacrifice ». Cet article a été signé par Guy Konopnicki.
Les prises de positions du MRAP ne sauraient en aucun cas être
attribuées au seul Mouloud Aounit, élu par le mouvement à sa direction
nationale, au motif qu’elles sont le fruit des délibérations et du vote,
des instances élues démocratiquement du mouvement. En outre, il est
important de rectifier la réalité des faits invoqués, tels qu’ils se
sont produits historiquement :
1- Mouloud Aounit, alors président du MRAP, n’a pas soutenu un
quelconque « droit au foulard » mais s’est prononcé contre l’exclusion
des jeunes filles scolarisées qui le portaient, estimant que l’école de
la République manquerait à sa mission éducatrice et émancipatrice en les
excluant pour ce motif. Cette position a d’ailleurs été partagée par
nombre de citoyens et d’organisations démocratiques soucieuses de
garantir un droit égal pour toutes à l’éducation aux fins de garantir
une véritable égalité des chances au sein de la République.
2- Si la décision a été prise de porter plainte contre France-Soir, ce
fut exclusivement sur une caricature ( l’image du prophète de l’islam
portant un turban en forme de bombe assortie d’un détonateur) qui
présentait le risque grave de signifier l’assimilation de l’ensemble des
musulmans à des terroristes, participant ainsi à l’amalgame entre
musulmane et terroriste.
Ces décisions ont été dictées par la fidélité du MRAP à ses propres
statuts :
« art.1.1. Le MRAP est une association laïque qui a pour objet de
lutter contre le racisme, c'est-à-dire toutes discriminations,
exclusions, restrictions ou préférences, injures, diffamations,
provocations à la haine ou aux violences, à l'encontre d'une personne ou
d'un groupe de personnes en raison de leur appartenance ou de leur
non-appartenance, réelle ou supposée, à une prétendue « race », une
ethnie, une nation, une culture ou une religion déterminées ».
) et à la loi du 1er juillet 1972 contre le racisme, dont son président
Léon LYON-CAEN (premier président honoraire de la cour de cassation) fut
l’instigateur et dont il rédigea le premier projet en 1959.
La lutte contre les discriminations – fussent-elles fondées sur la
religion – et contre le racisme sous toutes ses formes ne saurait être
confondue en France avec le libre débat sur les religions, qui est l’un
des fondements de la démocratie et de la laïcité,
Le livre de Maurice Winnykanem, écrit par une personne qui a quitté le
MRAP il y a 25 ans et n’a procédé à aucune « enquête de terrain »
contradictoire, doit être considéré comme un pamphlet – genre littéraire
reconnu - et non un document de référence.
A vouloir s’acharner de manière quelque peu « obsessionnelle » contre le
MRAP - dont il sait parfaitement qu’il est un mouvement laïc - dès lors
qu’il combat cette forme contemporaine de racisme, reconnu très
officiellement par les Nations Unies, l’Union Européenne et le Conseil
de l’Europe, autant que par les instances de la République, Monsieur Guy
Konopnicki ne s’en rend-il pas lui-même complice ?
Nous vous demandons donc, compte tenu de ces graves propos et
conformément à l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881 modifiée,
d’insérer cette lettre dans votre prochain magazine.
Dans cette attente, nous vous prions de croire, Madame, Monsieur le
Directeur de publication, à l’assurance de nos salutations respectueuses.
Le collège de la Présidence









