ENTETE1

MRAP

Le gouvernement français doit refuser le soutien économique aux criminels de guerre !




Du 15 au 19 juin 2026 se tiendra, au parc des expositions de Villepinte, en France, le plus grand salon de l’armement au monde, Eurosatory.

Parmi les acteurs du secteur militaire qui s’y retrouvent, trente sociétés israéliennes sont inscrites pour exposer et vendre de l’armement. Depuis le début de l’offensive sur Gaza, la participation d’Israël aux différents salons d’armement français, dont celui du Bourget, est légitimement remise en question.

Nos organisations ne se satisfont pas de la décision du gouvernement de ne permettre l’accès au salon qu’aux exposants israéliens présentant des systèmes de défense antibalistique et antiaérienne. En effet, accueillir des sociétés complices de génocide est en soi inacceptable, même si elles n’ont plus le droit de présenter leurs armes offensives. Quid par exemple des drones, qui ont participé depuis plus de trois ans au génocide à Gaza, aux massacres et destruction en Cisjordanie et au Liban ?

Autoriser ces sociétés israéliennes à participer à Eurosastory, c’est continuer d’alimenter la machine de guerre, mais aussi légitimer et récompenser les exactions commises par l’armée israélienne à Gaza, en Cisjordanie, au Liban et ailleurs.

La France se doit de respecter le Traité sur le commerce des armes qu’elle a signé en 2014 et « ne pas autoriser le transfert d’armes classiques si elle a connaissance, lors de l’autorisation, que ces armes ou ces biens pourraient servir à commettre un génocide, des crimes contre l’humanité [...] ou d’autres crimes de guerre [...]. »

Comme tous les États membres de l’Onu, elle doit se conformer aux obligations édictées par la Cour internationale de Justice et l’Assemblée générale des Nations unies, notamment sur l’occupation illégale des territoires occupés : elle doit mettre fin à la fourniture ou au transfert d’armes, de munitions ou de matériel connexe à Israël. En vertu de son statut de membre permanent du conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies, elle a des obligations particulières en matière de respect du droit international, et elle doit cesser d’aider au financement de l’industrie militaire israélienne, sous quelque forme que ce soit.

Nos organisations demandent instamment au gouvernement français de s’opposer à cette démonstration de militarisme mortifère et de refuser d’être complice des massacres en cours en interdisant la participation de ces sociétés israéliennes au salon Eurosatory. Lors de la dernière édition du salon en 2024, les mobilisations et la pression populaire avaient d’ailleurs conduit à l’absence totale des 74 stands israéliens qui étaient initialement annoncés.

Liste des signataires : Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), Ligue des droits de l’Homme (LDH/Ligue des droits humains), Association France Palestine Solidarité (AFPS), Mouvement de la Paix, Institut Mehdi Ben Barka – mémoire vivante, Une autre voix juive (UAVJ), Collectif de lutte antifasciste contre le racisme et l’antisémitisme (CLARA), CPPI Saint-Denis (Collectif Paix Palestine Israël), Forum Palestine Citoyenneté -FPC, Syndicat National des Enseignements de Second degré (Snes-FSU), Fédération syndicale Unitaire (FSU), Union Nationale des Étudiants de France (UNEF), Parti communiste français (PCF), L’Alliance pour une République écologique et sociale (L’APRÉS)

Augmentation des frais d’inscription pour les étudiants étrangers : le MRAP invite à signer la pétition publiée sur le site de l’Assemblée nationale


https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5865



Pour la suppression du programme Bienvenue en France mettant en place des frais différenciés pour les étudiant·es extra-européen·nes

https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5865

"La stratégie Bienvenue en France prétend renforcer l’attractivité internationale de la France en multipliant par 15 les frais d’inscription à l’université des étudiant·es non européen·nes. Si les exonérations étaient, depuis la mise en place de cette stratégie, la norme, le plan Choose France for higher Education entend y mettre fin. 2 895 € en licence et 3 941 € en master, c’est le prix que devront désormais payer les étudiant·es extracommunautaires pour étudier en France, contre 170 € et 243 € pour les autres. Les exonérations seraient limitées au cas par cas.

Bienvenue en France porte atteinte au principe d’égal accès au service public. L’université française a historiquement garanti des frais d’inscription modestes à tou·tes ses étudiant·es, quelle que soit leur nationalité. Instaurer une tarification fondée sur l’origine nationale constitue une rupture profonde avec ce modèle. Des mécanismes de compensation « au cas par cas » ne sauraient y remédier dans des établissements déjà en sous-effectif administratif.

Paradoxalement, ce programme qui veut renforcer l’attractivité de l’enseignement supérieur français vient fragiliser la recherche et la francophonie. Les doctorant·es et chercheur·es étranger·ères sont aujourd’hui indispensables à la vitalité scientifique française. Plus du tiers de nos chercheur·euses sont étranger·es. Les précariser et compliquer leur accès aux études supérieures risque de les détourner vers d’autres destinations, affaiblissant durablement la place de la France et de la langue française dans la production académique mondiale.

D’un point de vue économique, cette mesure apparaît également contestable. En 2022, Campus France établissait que les étudiant·es étranger·ères génèrent environ 1,3 milliard d’euros de retombées économiques annuelles pour la France. Le gain promis par le ministre — 250 millions d’euros à horizon deux à trois ans — est donc très inférieur au manque à gagner que cette politique risque d’entraîner. La mesure se justifie mal, y compris sur le plan budgétaire.

On peut donc craindre que ce plan ne cherche avant tout à faire supporter aux étudiant·es étranger·ères le coût du sous-financement chronique des universités, plutôt qu’à engager une réflexion sérieuse sur les ressources de l’enseignement supérieur public. Il s’agit en réalité d’une mesure purement idéologique.

Oui, les universités françaises sont sous-financées, et il est urgent d’y remédier. Mais pas en faisant peser cette responsabilité sur les étudiant·es étranger·ères, qui comptent déjà parmi les publics les plus précaires de l’enseignement supérieur, et en donnant des gages à l’extrême droite. Oui, la France peut et doit renforcer son attractivité internationale. Mais ces objectifs ne peuvent être atteints en instaurant des barrières financières discriminatoires, contraires à nos principes fondamentaux.

Nous demandons la suppression du programme « Bienvenue en France » et l’abrogation des frais d’inscription différenciés. Parce que l’université française doit rester un bien commun ouvert à toutes et tous, parce que le savoir ne peut être conditionné à l’origine ou aux moyens financiers, et parce que renoncer à cette exigence reviendrait à affaiblir durablement nos valeurs, notre recherche et notre avenir".


Communiqués du MRAP (Voir aussi les appels et communiqués dont le MRAP est signataire)


Communiqués de Collectifs soutenus par le MRAP