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La guerre n'est pas un jeu d'enfants

La guerre n’est pas un jeu d’enfants

Ils seraient 300 000 enfants enrôlés dans les forces armées, sur les cinq continents. 300 000 gosses dont l’enfance a été volée, transformés en bourreaux, en machines à tuer et à mourir, manipulés par des criminels au mépris de ce qu’il y a de plus sacré dans toutes les cultures du monde : préserver les enfants. Ce chiffre qui serait pour l’Unicef une évaluation basse, est en augmentation constante : plus de 100 000 nouveaux petits soldats depuis 1996 et le tiers d’entre eux seraient des filles.

Comment devient-on un enfants soldat ?

L’Unicef qui s’est fortement engagé pour la démobilisation des enfants soldats a mis en évidence, dans une étude réalisée en Afrique centrale, que « le besoin matériel » venait en tête des motivations dans 34% des cas, suivi par des motifs « idéologiques » pour 21% d’entre eux. S’il existe de nombreux cas d’enrôlement forcé, -21% d’enlèvements-, les situations de famine, d’abandon ou de solitude constituent aussi des motivations pour rejoindre des bataillons d’enfants. « Notre souvenir de la vie d’avant, notre expérience et notre représentation du danger étaient beaucoup plus limités que ceux des soldats plus âgés. Notre loyauté était sans limite, c’était tout ou rien. Nous n’avions rien vers quoi nous tourner. Dès lors, nous ne pouvions qu’avancer. (…) Les enfants soldats prenaient part à tout. Pour beaucoup, tuer et torturer était une tâche passionnante, une manière de satisfaire leur supérieur. Nous les enfants, commettions au nom de nos chefs des tas d’actes horribles, uniquement pour leur faire plaisir. Peut-être n’imaginaient-ils même pas que nous deviendrions adultes…» raconte China Keitetsi enrôlée à l’âge de 9 ans dans les troupes de Museveni en Ouganda. Mais si 40% des enfants soldats sont en Afrique subsaharienne, les autres zones de conflits sont tout aussi coupables, comme en Tchétchénie, en Colombie ou en Birmanie.

Démobiliser les enfants et interdire leur recrutement.

La campagne lancée par l’Unicef *pour ses 40 ans a contribué à sensibiliser les opinions publiques et des milliers de signatures ont été recueillies, mais il faut faire plus pour que soient appliquées les résolutions 1379 et 1460 du Conseil de sécurité qui stipulent : §Aucune négociation de paix ne doit être menée sans l’intégration prioritaire de la situation des enfants et de programmes d’accompagnement « d’après conflit » étendus à tous les enfants enrôlés (combattants ou non). §Tous les pays doivent inscrire dans leur aide le soutien à des programmes de réunification familiale, de réhabilitation (scolarisation - formation) des enfants traumatisés par leur participation à des conflits, en prenant en compte la situation particulière des filles. Et des sanctions internationales doivent s’appliquer à tous les dirigeants qui emploient ou ont employé des enfants soldats §Comparution systématique devant la Cour Pénale Internationale. §Application d’un embargo systématique envers les pays exportateurs ou les pays livrant des armes légères à des mouvements ou pays en situation de conflit. §Interdiction de voyager, de participer à toutes formes de gouvernance, de bénéficier d’une amnistie.

Prévenir les conflits.

La multiplication des guerres civiles ces vingt dernières années a favorisé ce phénomène de recrutement des enfants. Dans ces guerres intra-étatiques, qui souvent tournent au « système de guerre », en détruisant les infrastructures et les économies, font d’abord des victimes parmi les civils. C’est plus de deux millions d’enfants qui ont péri dans les guerres des années 90.

C’est un devoir de toute l’humanité de résoudre au plus vite ces conflits et de prévenir ceux qui pourraient se déclencher. Pour tous les enfants du monde, soldats ou non, renouer avec un développement endogène des sociétés, avec plus de justice et le respect des droits humains est une priorité absolue. La démobilisation des enfants demande beaucoup de soins et de moyens : relance de l’économie, de l’éducation, prise en charge psychologique et sanitaire… La carte des conflits recouvre quasiment celle de l’extrême pauvreté. Pour que plus jamais un enfant ne trouve plus facilement une Kalachnikov qu’un livre ou une poupée, c‘est à nous tous qu’incombe la responsabilité de bâtir un monde plus juste et d’exiger la démobilisation des enfants soldats et l’interdiction de leur recrutement.

Le Mouvement de la paix* a organisé une tournée de la pièce tirée du livre d’Ahmadou Kourouma, « Allah n’est pas obligé » par une troupe de Casamance, ils seront notamment présents au Festival d’Avignon. La pièce est suivie d’un débat sur les enfants soldats et la prévention des conflits.

Arielle Denis

Co-présidente du Mouvement de la paix

  • La petite fille à la Kalachnikov éditions Grip-Unicef
  • Voir pétition sur le site http/ :www.unicef.org

*Voir site : http/ : www.mvtpaix.org

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