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Le MRAP et la mondialisation


Texte de base proposé par la commission "mondialisation" du MRAP mise à jour 2005

Ce document constitue la plateforme de fondation de la commission mondialisation . Se voulant brève et générale elle ne peut que renvoyer à d'autres analyses et documents plus développés et précis.

Le MRAP dispose d'une commission "mondialisation" car elle ne pouvait ignorer ce que l'on nomme trop superficiellement "mondialisation" . Quelle est cette mondialisation honnie ? Depuis quand parlons nous de "mondialisation" ? Surtout, quelles sont les causes multiples - économiques, politiques, militaires, etc. - qui génèrent les effets sociaux les plus détestables : pauvreté, répressions, meurtres, migration des peuples, etc. ? Ces effets sont-ils tous négatifs ? N'y a-t-il pas une mondialisation positive ? Oui, il y a au moins celle dite "altermondialiste" ! Le XXI siècle à vu en effet apparaitre une mouvance antimondialiste formèe de jeunes, de paysans et de salariés de tous les pays. Ce "mouvement de mouvements" est d'abord entré en contestation et critique de la mondialisation néolibérale avant de chercher à penser la perspective certes floue d'un "autre monde" possible et nécessaire . C'est dans les différents forum altermondialiste que le MRAP débat et agit pour un monde sans exclusion, sans oppression, sans discrimination, bref pour un monde solidaire, fraternel, pour "l'amitié entre les peuples". A cause des effets d'une certaine mondialisation les migrations perdurent. Ce ne sont pas les plus touchés par la pauvreté ou les persécutions politiques qui peuvent "passer au Nord". Au delà du très faible nombre de ceux et celles qui parviennent aux frontières de l'Union Européenne (1) (ou des Etats Unis) ce sont essentiellement les pays du Sud qui accueillent la majeure partie des migrants et exilés .

I - Le MRAP contre la mondialisation néolibérale et nécessairement pour une autre mondialisation

La mondialisation que nous refusons... Divers phénomènes d'ordre économique et politique viennent illustrer le rapport de forces inégal qui caractérise depuis des décennies la situation mondiale et les relations entre les peuples. Ils fixent le cadre général de l'opposition du MRAP à la mondialisation dite néolibérale, dont les firmes multinationales constituent le principal moteur et ce avec l'appui de politiques d'ajustement structurel de la part du FMI et de la Banque Mondiale.

Une hiérachie des pays et des peuples s'approfondie sous la pression d'une triple mondialisation, celle de la finance la plus globalisée, celle marchande avec des échanges marchands généralisés mais très recentrés sur le Nord et celle productive avec la délocalisation des usines et des bureaux . En effet cette mondialisation-là, sur de telles prémisses, ne peut tenir ses promesses de paix et de justice, de liberté et de sécurité . Bien au contraire elle accroît encore, en en jouant, les profondes inégalités économiques et sociales existantes sur la planète. Et à la guerre sociale s'ajoute la guerre militaire.

Politiquement, les stigmates de la colonisation puis de la décolonisation n'ont pas non plus disparu . L'Empire Européen post colonial participe à cette mondialisation. Il entretient des alliances néfastes avec les dirigeants corrompus des pays du sud, particulièrement en Afrique .

Les effets combinés de cette mondialisation débouche sur un nouvel esclavagisme en particulier le travail des enfants et la surexploitation des femmes mais aussi sur une remontée des courants racistes, réactionnaires et fascistes.

Cet impérialisme néo-libéral européen s'inscrit en partenaire, certes quelque peu dissonant et indiscipliné, de la volonté des USA d'établir et de renforcer leur domination militaire et économique sur la planète.

....à l'autre mondialisation que nous voulons ! Dés lors revendiquer, comme le fait le MRAP, le choix de l'amitié entre les peuples implique tout d'abord de sortir du cadre étroit de "la Fin de l'histoire" (Fukuyama) et de participer au dégagement d'une perspective émancipatrice . Pour ce faire le MRAP participe concrètement, notamment dans les forums sociaux, aux initiatives prises en faveur de la diminution des inégalités, de la réduction de l'écart entre les riches et les pauvres, c'est à dire entre le Nord et le Sud . A ce niveau économique global le MRAP exige lui aussi l'abolition de la dette des pays du Sud . Ajoutons que "le sud est dans le Nord tout comme il y a du Nord dans le Sud"(3) ; autrement dit les inégalités et disparités se retrouvent aussi au sein même de chaque "région" et pays tant au Nord qu'au Sud .

Il est d'autre part urgent, au plan politique, de pousser les gouvernements à rompre les alliances avec les élites mafieuses du Sud et de promouvoir véritablement la démocratie et donc une réelle participation de la société civile à l'élaboration d'un autre avenir. A cette fin le MRAP approuve et soutient les critiques venant de la société civile et des mouvements sociaux altermondialistes visant à délégitimer les institutions néolibérales comme l'OMC, le FMI et la BM . La revendication de transparence et de contrôle est légitime.

Vouloir une autre mondialisation implique de prendre pleinement en considération la pertinence et l'efficacité possible du cadre européen. Si l'Europe est nécessaire, c'est aussi d'une autre Europe qu'il s'agit de construire .

II - Le MRAP contre "l'Europe forteresse", pour une Europe d'ouverture et d'insertion économique sociale et citoyenne.

Ce constat nous amène à poser la question de la conception de l'Europe que nous devons forger à l'heure de liberté économique la plus débridée . Face à ce type de libéralisation , l'Europe sociale et solidaire que nous voulons pour les peuples européens ne peut s'accommoder de l'absence de reconnaissance et d'effectivité de divers droits que nous revendiquons depuis longtemps, aux côté de celles et ceux qui y vivent ici "au rabais" voir sans droits ni possibilité d'insertion sociale et citoyenne, qu'il s'agissent des résidents étrangers, des roms ou des persécutés demandeurs d'asile.

Contre la montée du chômage et de la précarité en Europe, le MRAP soutient les mesures politiques susceptibles de favoriser une réelle insertion économique et sociale des résidents extracommunautaires . Le MRAP exige le droit de vote des résidents étrangers extra-communautaires durablement installés sur le territoire de l'Union .

Le MRAP s'inscrit pleinement dans la Coordination française pour le Droit d'asile (CFDA) et de l'ANAFE ( dont il l'un des membres fondateurs). Ces organisations rejettent les politiques de l'Union Européennes qui, de la convention de Schengen au Plan de La Haye, visent exclusivement à l'édification de la "Forteresse Europe" . Cette Europe est fermée aux immigrations non choisies en provenance des pays tiers . Elle criminalise les demandeurs d'asile et elle voudrait (cf Sommet de Théssalonique) reporter sur les pays frontaliers, notamment de la rive sud-méditerranéenne, l'obligation d'organiser la détention et le tri des demandes dites infondées et des migrants pauvres et non qualifiés..

Ces politiques ont fait l'objet d'une "harmonisation" déjà très poussée et se traduisent par une réduction drastique du droit d'asile et une véritable "chasse aux clandestins" dans le cadre des Traités d'Amsterdam et de Nice.

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