Aller au contenu. | Aller à la navigation


Souscription
  Tout savoir sur le MRAP Communiqués officiels Activités locales Contact ENGLISH  
Outils personnels
Vous êtes ici : Accueil International Mondialisation Etat d'urgence dans le monde face aux «émeutes de la faim »

Etat d'urgence dans le monde face aux «émeutes de la faim »

Après celles de l'Égypte, du Burkina Faso, de Mauritanie, de Côte d’Ivoire, du Mexique, de Thaïlande, du Sénégal, et de Madagascar, des «émeutes de la faim» viennent d'éclater en Haïti. Le prix moyen d’un repas a augmenté de 40% dans le tiers-monde et des dizaines de millions de personnes ont basculé dans la misère absolue, celle où il devient impossible de se nourrir.


Toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de la faim ou de ses suites immédiates, soit plus de 6 millions en 2007. Toutes les quatre minutes, quelqu’un perd la vue à cause du manque de vitamines A. 854 millions d'êtres humains sont gravement sous-alimentés. C’est l’Afrique subsaharienne qui paie le plus lourd tribut : 186 millions d’êtres humains y sont, en permanence, gravement sous-alimentés, soit 34 % de la population totale de la région. La plupart d’entre eux souffrent de ce que la FAO appelle « la faim extrême », leur ration journalière se situant en moyenne à 300 calories au-dessous du régime de la survie dans des conditions supportables. Un enfant manquant d’aliments adéquats en quantité suffisante, de sa naissance à l’âge de 5 ans, en supportera les séquelles à vie. Régis Debray nomme ces enfants les « crucifiés de naissance ».

Et pourtant cette situation n'est pas une fatalité. La FAO constate qu’au stade du développement actuel de ses forces de production agricoles, la planète pourrait nourrir sans problème 12 milliards d’êtres humains, soit le double de l’actuelle population mondiale. Cela signifie que ce crime contre l'humanité a des responsables :

*les effets multiples d'une mondialisation ultra-libérale au profit de multinationales sans scrupules;

* les politiques mondiales d'ajustement structurel qui ont contribué à l'affaiblissement des économies des pays du Sud et sont, encore aujourd'hui, responsables de l'extension de la pauvreté,

* la Banque mondiale et le FMI qui ont imposé aux pays du Sud l’abandon des cultures vivrières au profit de produits de base dont l' exportation promise se heurte à l'inacceptable concurrence des produits subventionnés du Nord;

    * les grands groupes qui en sont bénéficiaires et pilotent des spéculations criminelles

    * la hausse des prix de l’énergie, engrangée par les compagnies pétrolières, qui pousse dans le même temps à produire des bio-carburants qui non seulement retirent de vastes surfaces à la production de denrées alimentaires mais constituent aussi une catastrophe écologique en abattant des pans entiers de la Forêt mondiale;

    * la destruction des cultures vivrières des zones rurales traditionnelles;

    * Les dépenses militaires mondiales qui s'élevaient à 1204 milliards de $ en 2006 et sont en perpétuelle augmentation: il suffirait de 135 milliards de $ soit 10% de ces dépenses, pour arracher les habitants de la planète à la misère;

Plusieurs pays du Sud ont interdit les exportations agricoles. Mais l’OMC persiste à imposer, sanctions à l'appui, la libéralisation d' échanges inégaux, à interdire les subventions agricoles pour les plus pauvres ainsi que les droits de douanes. On en voit un exemple éloquent dans les accords de Partenariat Economiques -APE, que l'Union européenne tente d'imposer à leur corps défendant à l'ensemble des anciens pays ACP, après que la convention de Cotonou soit arrivée à échéance fin 2007.


«Les prix de l’alimentation, s’ils continuent comme ils le font maintenant… les conséquences seront terribles» a déclaré Dominique Strauss Kahn, Directeur du Fonds Monétaire International. «Un choc alimentaire se prépare» a annoncé, de son côté, la Commission Européenne qui prévoit «un tsunami économique et humanitaire en Afrique».



Une telle situation conduit l'humanité entière à la catastrophe. Des inégalités de plus en plus criantes ne peuvent que favoriser les mouvements extrêmistes qui prônent la violence et cherchent à exploiter le désespoir des plus pauvres. . La faim devient aussi une arme redoutable au service des nantis. Après les guerres de l'eau qui sont déjà à l'oeuvre partout dans le monde, au coeur de multiples conflits politiques et territoriaux, les guerres de la faim se profilent.


Dès lors, ce ne seront plus seulement quelque 180 à 200 millions de personnes, selon les évaluations d'aujourd'hui, qui auront quitté leur lieu de naissance pour chercher ailleurs protection et survie. Jour après jour, il apparaît que les centaines de millions de «migrants forcés» de demain seront de plus en plus des réfugiés – climatiques, de l'eau et de la faim – en demande de protection dans les contrées plus riches et plus clémentes du globe terrestre.


Il y a urgence à prendre à bras le corps cette question, l'Union Européenne toute entière doit y contribuer. Tout doit être fait pour que soient effectivement atteints les «Objectifs du Millénaire pour le développement», adoptés par l'ONU en 2000, afin de diminuer de moitié la pauvreté mondiale d'ici à 2015.


Le MRAP en appelle à la Présidence française de l'Union Européenne du second trimestre 2008 pour prendre, en la matière, des initiatives qui soient à la hauteur des enjeux d'aujourd'hui.

















Actions sur le document