Droits des enfants
Droits de l’enfant : un chantier encore largement en friche
Il aura fallu pas moins de soixante-dix ans pour que la communauté internationale adopte un texte qui proclame le droit de l’enfant à vivre dans la dignité. Autant d’années de lutte pour accoucher d’un texte, une Convention des droits de l’enfant, qu’il s’agit maintenant de faire appliquer.
Quasiment tous les pays du monde ont ratifié ce traité. Cent quatre-vingt-onze pays au total auxquels deux manquent à l’appel : la Somalie et surtout les Etats-Unis. Ce dernier pays a récemment aboli la peine de mort pour les mineurs, un grand pas qui pourrait permettre la ratification.
Malheureusement, pour de nombreux gouvernements, une signature ne vaut pas grand-chose. Nous évoquons dans ce dossier le cas de l’Iran qui bafoue ignoblement les droits les plus élémentaires des plus fragiles d’entre nous. En Albanie où l’Etat est défaillant, les enfants sont les victimes de vendettas entre familles où leur tête est mise à prix. En Palestine, l’armée israélienne détient actuellement 325 enfants accusés de terrorisme et qui subissent parfois des tortures et des humiliations.
Et que dire des 256 millions d’enfants à travers le monde forcés de travailler parfois dans des conditions éprouvantes voire mortelles ? De tous les autres, exploités dans les bordels d’Asie, d’Afrique ou d’ailleurs ? Des enfants soldats, des mariages forcés, de l’esclavage… ? En France où la situation des mineurs est une des meilleures, certains n’ont toujours pas accès à l’instruction comme l’exige la Convention des droits de l’enfant !
Il ne s’agit pas de noircir le tableau. Depuis quelques années, l’opinion internationale a pris conscience de l’ampleur du problème. Mais comme le rappelle la présidente d’Amnesty International, Geneviève Sevrin, que nous avons interrogée, « beaucoup reste encore à faire ».
Laurent-Frédéric Cousin









