Srebrenica : devoir de mémoire
Le 11 juillet 1995, des troupes nationalistes serbes commandées par Ratko Mladic prenaient l’enclave de Srebrenica pourtant protégée par les Nations Unies. L’exécution de près de 8.000 hommes et adolescents qui a suivi a été reconnue comme un génocide.
Chaque année depuis 2003, plusieurs centaines de victimes identifiées au cours de l’année sont inhumées près du mémorial de Potocari, non loin des lieux de leur exécution. Elles ont été 613 ce 11 juillet 2011, parmi elles deux enfants de 11et 15 ans et un homme de 81 ans.
Cette année, quelque chose a changé. Ratko Mladic, l’un des principaux responsables, a été arrêté après 16 ans pendant lesquels il a pu vivre auprès des siens sans avoir à rendre compte de ses crimes. Il sera enfin jugé dans un proche avenir par le tribunal Penal International pour l’ex-Yougoslavie qui siege a La Haye. En Serbie comme en Bosnie-Herzégovine, toutes les personnes soucieuses d’une réconciliation fondée sur la vérité et la justice ont manifesté leur satisfaction à la suite de cette arrestation, même si la page n’est pas encore complètement tournée pour les familles des victimes de Srebrenica : en 2010, ce sont encore 242 nouveaux dossiers d’identification qui ont été ouverts et de nombreux corps ne sont pas encore exhumés, des personnes sont toujours “déplacées” et aucune réparation matérielle n’est prévue pour les victimes. Les résultats de la conquête guerrière et de la ‘purification ethnique’ ont été entérinés par les accords de Dayton, qui ont découpé en deux entités le pays dont la vie politique et économique se trouve paralysée.
Nous ne devons pas oublier ce qui s’est passé en 1995 à Srebrenica, pour les victimes, et pour préserver l’avenir de toutes les manipulations identitaires qui ont permis à un courant nationaliste extrême d’assassiner en quelques jours plus de 8 000 personnes. Ce courant est toujours actif et ceux qui ont déploré l’arrestation de R. Mladic ont été trop nombreux, y compris et surtout parmi les jeunes qui n’étaient que des enfants en 1995.
Pour le MRAP, l’action en justice, indispensable, doit être accompagnée d’une action forte et persistante d’éducation de l’opinion publique à travers l’enseignement
scolaire, les circuits d’éducation populaire et par l’action responsable des medias.
Paris, le 18 juillet 2011.




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