Halte au racisme et à la xénophobie en Russie.
Le MRAP s’alarme des crimes des groupes néonazis qui ont lieu en Russie
dans une indifférence générale, et particulièrement dans l’indifférence
des autorités russes. En effet, pour la seule année 2005, on a dénombré
pas moins de 28 homicides et 366 agressions à caractère raciste. Rien
qu’à Moscou en avril, il y a eu 7 crimes racistes et 107 attaques.
Ainsi :
Le 6 avril dernier Samba Lampsar, 28 ans, étudiant en télécommunications
d’origine sénégalaise, a été froidement abattu d’une balle dans la tête
avec une arme ornée d’une croix gammée dans les rues de St Pétersbourg.
Le 22 avril, un jeune russe d’origine arménienne était également
poignardé à mort dans le métro de Moscou.
Le 23 avril, un étudiant indien, Andjangi Kishore Komaru, 23 ans, avait
survécu par miracle à une attaque au couteau alors qu’il sortait de chez
lui.
Le 24 avril, un ressortissant tadjik a été tué à coups de couteau, en
plein jour, dans un quartier du nord est de Moscou.
Aux agressions racistes s’ajoutent aussi des violences à l’endroit des
populations homosexuelles. Ce week-end, c’est une boite de nuit
fréquentée par des homosexuels qui a été assiégés pendant cinq heures
durant par plus de 130 militants d’extrême droite ; des clients ont même
été roués de coups à l’extérieur, tout cela sous les yeux de la police
qui n’a rien fait.
Devant cette situation, le MRAP estime qu’il est du devoir de la Russie
de protéger les droits humains de toute personne se trouvant sur son
territoire, quelle que soit sa nationalité ou sa couleur de peau. Il
exige des autorités russes qu’elles prennent les mesures à la hauteur de
ces actes pour arrêter cette folie meurtrière.
Le jeudi 4 mai, Mouloud Aounit, Président du MRAP, et Nicole Borvo,
Sénatrice, ont été reçus longuement à l’Ambassade de Russie. Ils ont
fait part de leurs inquiétudes et de leurs exigences afin que la Russie,
qui a payé un lourd tribu contre le nazisme, ne laisse pas en toute
impunité se propager des exactions de groupes néofascistes. Ils ont
demandé que la justice russe arrête les auteurs de ces actes, applique
les articles du code criminel qui permettent de sanctionner ces actes
racistes, et qu’ils cessent de les traiter comme des simples actes de
hooliganisme.
Paris, le 5 mai 2006









