Côte d'Ivoire : solidarité avec le peuple ivoirien, non à l'ingérence française
Depuis les dernières élections la Côte d'Ivoire est en proie à des affrontements de plus en plus violents entre les militaires restés fidèles à Laurent Gbagbo et les forces d'Alassane Ouattara. Les efforts entrepris par l'ensemble des Etats africains ont été réduits à néant et les conséquences humaines sont d'ores et déjà tragiques. Des massacres et crimes de guerre sont commis dans l'ouest du pays, les victimes se comptent par centaines.
En encourageant la solution militaire, Nicolas Sarkozy porte une lourde responsabilité dans la situation actuelle. Le MRAP condamne l'intervention militaire française: la force française Licorne étant le symbole de l'ingérence française en Cote d'Ivoire elle ne peut que raviver les souvenirs coloniaux et la volonté d'ingérence de la France dans les affaires africaines.
La réconciliation nationale, le retour à la paix civile en Côte d'Ivoire et à des relations internationales respectueuses et équitables passent par la mise en œuvre des conditions suivantes :
- Le retrait de l’opération Licorne, les intérêts économiques de la France, ancienne puissance coloniale, en Côte d'Ivoire, étant incompatibles avec l'exercice d'une médiation impartiale
- La redéfinition de la mission et de la composition de l’Onuci afin de lui conférer toutes les garanties d' impartialité
- La mise en place d'une Commission d'enquête internationale sous l’égide de l’Union Africaine et comprenant des représentants de la Cedeao, de l’Onuci, de la société civile ivoirienne, de l’UE, de la Chine, de la Russie, de la Ligue arabe. La Commission aura pour mission d'établir la vérité des résultats de l'élection présidentielle et de formuler d'éventuelles propositions concernant l'avenir politique du pays, indépendantes de toute ingérence extérieure et dans des conditions acceptées de tous.
Paris, le 6 avril 2011.









