Le MRAP dément les propos de Monsieur Péan
Poursuivi pour diffamation et incitation à la haine raciale par
SOS-Racisme pour son livre « Noires fureurs, blancs menteurs – Rwanda 1990-1994 » Pierre Péan a été relaxé vendredi 7 novembre.
Dans une interview donnée le 15 septembre 2008 à Radio Ukuri (« la
vérité ») basée au Canada, Pierre Péan affirmait que « les avocats du MRAP avaient décidé de se retirer de la plainte en raison de son instrumentalisation politique ». Le MRAP dément avec la plus grande fermeté ces propos mensongers.
La conférence de presse annonçant la procédure judiciaire engagée par des familles des victimes du génocide contre Monsieur Péan s'est tenue le 17 février 2006 au siège du MRAP national en présence notamment de Maitre Bernard Maingain, avocat belge. Cette conférence avait été organisée conjointement par le MRAP et l'association IBUKA (« Souviens-toi »). Le MRAP représenté à cette conférence par sa vice-présidente chargée des questions internationales, Madame Renée Le Mignot, avait affirmé son soutien à la procédure judiciaire engagée par les familles des victimes et son souhait d'une extension de la loi Gayssot concernant la répression du négationnisme ou du révisionnisme à tout génocide reconnu comme tel par les instances internationales,notamment le génocide rwandais.
Le MRAP n'a jamais changé de position. S'il n'a pas donné suite à la plainte, c'est uniquement pour des raisons techniques dues à la
restructuration de son secteur juridique qui a conduit à ce que le délai légal de dépôt de plainte parvienne à expiration.
A l'instar de l’ONG de solidarité /Survie/, le MRAP déplore l'indulgence du jugement rendu au sujet du livre de Pierre Péan dont les objectifs visent à renvoyer dos à dos victimes et génocidaires et à nier le rôle de la France avant, pendant et après le génocide.
Il réaffirme aujourd'hui son soutien total à la démarche d'IBUKA, y compris dans en cas d'appel de la décision du Tribunal du 7 novembre 2008. Cette position ne saurait être une manipulation de notre mouvement de la part de qui ce soit mais s'inscrit dans la continuité de la lutte du MRAP « pour le refus de l'oubli, le devoir de vérité et de justice » concernant le génocide rwandais, lutte qu'il a menée, avec d'autres, dès le mois de mai 1994 et qu'il n'a jamais cessé de mener.
Il transmet cette déclaration à Maître Lev Forster, avocat de
SOS-Racisme pour tout usage qu'il souhaiterait en faire.
Paris, le 14 novembre 2008.









