PENALISATION DE LA NEGATION DU GENOCIDE ARMENIEN : UN DEVOIR DE JUSTICE POUR AUJOURD’HUI ET DEMAIN
L’Assemblée Nationale a approuvé ce matin, 12 octobre 2006 en première lecture et à une majorité écrasante des députés présents et votants, la proposition de loi socialiste sur la pénalisation du négationnisme portant sur le Génocide arménien. Comme l’ont écrit dans Le Monde en date du 9 octobre 2006 un groupe de neuf avocats (dont un ancien président du MRAP), «… Notre système pénal ne peut à la fois sanctionner les crimes contre l’humanité, dont le génocide est considéré comme le plus grave, et faire le choix de ne pas incriminer l’infraction qui lui est connexe et qui vise à le disqualifier […] s’il n’appartient pas au Parlement d’écrire l’Histoire, il lui revient de qualifier juridiquement une infraction qui prend racine dans l’acte génocidaire pour mieux en assurer l’efficacité politique. Il s’agit d’une question de courage et d’un besoin de justice ».
Ce qui est véritablement en cause, sur le fondement des conventions internationales qui lient la France, est le caractère intolérable de la négation des pire crimes contre l’Humanité que sont les génocides, quel que soit le lieu où ils se sont produits : Rwanda, Cambodge, Srebrenica…
Le MRAP qui s’est voulu Mouvement « pour l’amitié entre les peuples », tient à affirmer que besoin de justice s’adresse également à tous les peuples de la terre. Le MRAP a longuement lutté pour obtenir que la France d’aujourd’hui – finalement par la voix de l’actuel président de la République - reconnaisse pleinement la responsabilité de la France des heures sombres de l’occupation Nazi (Vichy) dans la « rafle du Vel’ d’Hiv » et la déportation des juifs qui s’ensuivit, les vouant ainsi à l’extermination.
C’est la reconnaissance des responsabilités passées qui rend possible l’indispensable réconciliation des peuples.
Paris, le 12 octobre 2006









