L'éducation à la citoyenneté contre le racisme, une impérieuse nécessité
Même si le 21 Mars, journée mondiale de lutte contre le racisme, représente un temps très fort pour le MRAP, l’éducation à la citoyenneté contre le racisme et pour l ’amitié entre les peuples se pratique toute l ’année.
Moyen de prévention, travail de fond, c’est une priorité, une clé pour le « bien vivre ensemble », un appel à s ’engager pour l’égalité des droits contre les discriminations, le citoyen se construisant avec les autres, tout au long de la vie. Actuellement, avec le développement du racisme sous toutes ses formes et ses nouvelles manifestations, les tentations de repli communautaire, force est de constater qu’il est plus que jamais nécessaire de développer l’éducation à la citoyenneté, en soulignant la complexité du combat antiraciste, tout en réaffirmant avec force son universalité. En effet, la lutte contre le racisme se révèle ardue, car, lié aux évolutions nationales et internationales, le racisme est perçu, voire déformé à travers le prisme des media. L’islamophobie en est un exemple frappant. Dans ce contexte, la pédagogie antiraciste pratiquée se veut avant tout positive en développant des actions interculturelles, dans le respect des valeurs qui sont les nôtres, mettant ainsi en évidence la richesse du métissage dans une société plurielle en devenir et en montrant que la paix et l’amitié entre les peuples peuvent ne pas être un vain mot. Elle est nécessairement non moralisatrice, ce type de discours se révélant souvent improductif, voire contre-productif. La réflexion sur la commémoration de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz a bien montré, entre autres, que peut-être le plus pédagogique serait de mener avec les jeunes, en tant qu’organisation antiraciste, une analyse historique et politique de l’antisémitisme européen depuis le moyen âge ainsi que du rejet des tsiganes. Il est également hautement éducatif de montrer qu’Auschwitz continue à interroger aujourd’hui sur l’indifférence, la lâcheté, la banalisation de l’horreur. Le MRAP se place également sur le terrain de la mémoire, toutes les mémoires, ceci permettant à chacun de se situer tout en mettant en évidence son rôle dans l’histoire collective, faite de déchirures, d’exploitations, mais aussi de luttes, de solidarités. Mais des questionnements apparaissent. Comment s’adresser aux jeunes qui subissent exclusion, stigmatisation, discrimination dans des quartiers et écoles ghettoïsés, sinon en partant des discriminations vécues notamment à l’école et en construisant avec eux et d’autres associations un combat pour l ’égalité des droits ? D’autre part, si le rappel à la loi reste nécessaire, comment être crédible lorsque les réponses à la violence, dont la violence raciste, dans les établissements scolaires appa- raissent plus sécuritaires (caméras, correspondant police, fouilles à l’entrée, recherche active des jeunes sans-papiers scolarisés) qu ’éducatives ? L’éducation à la citoyenneté doit alors être affinée, se renforcer pour faire face aux évolutions du racisme sous toutes ses formes.
Monique Lellouche Secrétaire nationale









