Un jour de honte
Ce mercredi 17 mai l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi
Sarkozy sur l’immigration.
Pour le MRAP, ce jour est et restera un jour de honte et de colère pour
tous les défenseurs et les promoteurs des droits et libertés
fondamentales des immigrés. La République vient désormais d’inscrire
dans ses textes une loi de précarisation et de déstabilisation des
droits des immigrés d’inspiration xénophobe et à motivation électoraliste.
Par cette loi, l’Assemblée nationale valide une politique de régression
qui nous fait revenir plus de trente ans en arrière, pulvérisant les
acquis obtenus de haute lutte par le mouvement associatif dans les
années 80 : le droit au regroupement familial, le droit au séjour, et à
la carte de séjour de 10 ans.
Par ailleurs, cette loi est marquée du sceau du mépris à l’endroit des
pays du Tiers Monde désormais potentiellement pillables de ses cerveaux.
Cette loi cruelle, démagogique, au-delà de l’instauration d’une
immigration corvéable et jetable, n’aura aucun effet sur les intentions
affichées, à savoir la gestion des mouvements migratoires. Au contraire,
l’expulsion de sans-papiers développera les candidats au retour et le
pillage des cerveaux enfoncera certains pays dans la spirale du sous
développement et renforcera la pression migratoire.
Le MRAP restera solidaire des victimes de cette loi. Il en appelle
désormais à l’ensemble de la classe politique qui condamne cette loi
pour édifier une véritable politique alternative en matière
d’immigration qui doit conjuguer l’abrogation de cette loi d’exclusion
stigmatisante, la régularisation totale de tous les sans-papiers, et une
politique ambitieuse, déterminée, avec obligation de résultat, dans le
domaine du développement tragiquement abandonné en la circonstance.
Paris, le 17 mai 2006









