Débat à l’assemblée nationale et triste célébration de la grande cause nationale française 2010 de « lutte contre les violences faites aux femmes » : le MRAP indigné de l’expulsion de NAJLAE, scolarisée en France, qui avait fui un mariage forcé
C’est pour avoir voulu échapper non seulement à un mariage forcé dans son pays d’origine qu’elle avait fui il y a cinq ans, mais aussi à celle d’un nouveau projet de mariage avec un cousin et à la violence de son propre frère auprès de qui elle avait cherché refuge dans le Loiret, que Najlae – en voulant déposer plainte et demander protection à la gendarmerie de Châteaurenard – s’est heurtée à la politique du chiffre du gouvernement en matière d’expulsion de jeunes scolarisé(e)s sans papiers !
Agée de 19 ans et suivant les cours du lycée professionnel d’ Olivet (Loiret), Najlae a été placée en Garde à vue par les gendarmes et renvoyée de force le 21 février 2010 vers le Maroc qu’elle avait décidé de fuir à 14 ans. Le MRAP partage l’indignation générale, notamment celle exprimée par le Collectif Orléanais des Droits des Femmes qui rappelle à juste titre d’autres violences subies par des femmes dans le même département.
Selon les propos du secrétaire général de la préfecture du Loiret le mardi 21 février, rendus immédiatement publics sur Europe1.fr, l'expulsion de Najlae a été menée "dans des conditions régulières" et "il n'y a pas de problème juridique" puisque "la loi a été appliquée". La préfecture a même pu assurer une reconduite "rapide" car la jeune fille "avait ses documents de voyage et qu'il y avait un vol" à destination du Maroc.
Le MRAP, qui partage les doutes exprimés quant au respect de la légalité, dénonce l’inhumanité et l’inconséquence de tels propos et rappelle avec force l’obligation pour la France de pleinement respecter la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et, tout particulièrement, ses articles N° 3 «Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne» et N° 9 «Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé».
Alors que l’assemblée nationale examine ce jour une proposition de loi sur les violences faites aux femmes, portée par la droite comme par la gauche, le MRAP exige des pouvoirs publics - préfecture du Loiret aussi bien que ministère « de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du Développement solidaire » - qu’ils fassent immédiatement revenir Najlae en France pour y bénéficier de protection et pouvoir y poursuivre librement sa vie et ses études.
Paris 24 février 2010









