Y’A BON BANANIA, une marque d’un temps que l’on veut révolu
Le 22 décembre 2008, le Tribunal d’Instance de Nanterre rendra un
jugement dans l’affaire qui oppose le MRAP et le Collectif DOM à la
société Nutrimaine.
En effet, cette dernière avait signé, le 6 janvier 2006, un protocole
avec le CollectifDOM, dont le contenu avait été rendu public par voie
de conférence de presse tenue à l’Assemblée Nationale le 3 février 2007.
Il est dès lors rappelé que selon ce protocole, la société Nutrimaine
s’engageait à radier volontairement ses trois marques comportant la
mention « Y’A BON BANANIA », et à cesser d’utiliser directement ou
indirectement, par le biais de ses licenciés, la fabrication ou la
commercialisation de produits portant l’inscription des marques Y’A BON
BANANIA et ce, au plus tard le 6 septembre 2006.
Le MRAP, association antiraciste, est intervenu, devant le tribunal de
Nanterre, après avoir été mandaté par le CollectifDOM pour agir en son
nom à la suite d’une constatation de la violation manifeste des
dispositions dudit accord.
La motivation de cette assignation de la société Nutrimaine est
notamment le caractère raciste véhiculé dans l’expression « Y’a bon »,
associée à l’image d’un noir, mettant en avant son caractère niais et
non éduqué, comme cela avait cours dans les publicités et les écrits de
la fin du 19^ème et jusqu’à une certaine période du 20^ème siècle. Le
message véhiculée par cette image est donc, pour le MRAP, parfaitement
contraire aux principes de respect de la dignité humaine, et de ce fait
contraire à l’ordre public.
Cette marque désignait initialement une boisson chocolatée qui cible
principalement les enfants. Elle tirait notamment son caractère
distinctif du dessin représentant historiquement un tirailleur
sénégalais, assorti de la légende « Y’a -Bon Banania ».
Le MRAP, représenté par Me David MARTY, avocat au Barreau de Paris,
attend des juges du Tribunal de Nanterre une sentence exemplaire dans
cette affaire, où l’image des individus à la peau noire a, comme trop
souvent dans l’histoire, fait l’objet de dévalorisation et de mépris.
Fait à Paris, le 2 décembre 2008









