Campagne d'affichage contre le SIDA : une campagne qui demeure ambiguë
A la suite de la saisie par le MRAP du Ministre de la Santé à propos de la
campagne d'affichage de prévention et de lutte contre le SIDA de l'été 2005,
le MRAP prend acte que l'Institut national de prévention et d'éducation pour
la santé (INPES) explique que cette campagne ne revêt en rien un caractère
discriminatoire aux motifs que les affiches auraient été visionnées et
acceptés par des associations de migrants, que cette campagne d'affichage
fait suite à une campagne publicitaire qui mettait en scène des autres
catégories de populations, et qu'en raison des chiffres (« En Ile-de-France,
43% des découvertes de séropositivité concernent une personne originaire
d'Afrique subsaharienne »), cette campagne se justifiait.
Le MRAP tient cependant à rappeler et maintenir l'objet de son indignation.
Le MRAP n'a absolument pas visé le contenu des affiches et pense, comme les
associations de migrants qui ont été associées à cette campagne d'affichage,
qu'elles ne contiennent rien de discriminatoire dans leur contenu propre.
Le
MRAP rappelle seulement qu'il vise le rapport entre les différentes
catégories de populations mises en scène dans cette campagne d'affichage de
l'été 2005 : 100% des affiches mettent en scène des personnes de couleur. Le
MRAP ne vise que ce rapport entre les populations « originaire d'Afrique
subsaharienne » et les autres, et non les mises en scène de ces affiches.
Le MRAP tient ensuite à rappeler qu'il ne vise que la campagne d'affichage de
l'été 2005, et non les autres aspects de la campagne (spots audio et vidéo,
affiches ne contenant que du texte, etc.).
Le MRAP a bien entendu réagit
après avoir disséqué la totalité de la campagne et il ne vise que la campagne
d'affiches de l'été 2005. Or, il s'avère que la totalité des affiches de
cette campagne ne mettent en scène que des personnes de couleurs.
Enfin, et c'est à nos yeux le plus troublant, si effectivement « 43% des
découvertes de séropositivité concernent une personne originaire d'Afrique
subsaharienne », il n'en reste pas moins que 100% des affiches de la campagne
de l'été 2005 mettent en scène cette catégorie de population. Quid des 51%
restants qui sont pourtant une cible majoritaire de toute campagne contre le
SIDA ?
Pour le MRAP, une bonne campagne d'affichage doit être claire, lisible, et
sans ambiguïté ; elle doit faire passer son message sans qu'il y ait
nécessité de lui assortir de longues explications. Dans le cas où cette
campagne n'aurait pas été diffusée sur le plan national, mais à destination
des pays d'Afrique, elle serait parfaitement légitime. Si donc le MRAP prend
acte des explications de l'INPES, il n'en reste pas moins convaincu que cette
campagne est et demeure ambiguë en l'état.
Paris, le 25 juillet 2005.









