Copenhague : le mépris des dirigeants du Nord envers le Sud
La conférence de Copenhague s’est officiellement terminée vers 15h30 ce samedi 19 décembre, l’ONU ayant « pris note » de cet accord imposé plus que proposé par une trentaine de pays sur 190: 27 chefs d’état, de pays industrialisés comme de pays en développement dits « émergents », se sont réunis pour élaborer un texte à faire voter par les autres dirigeants mondiaux. Le MRAP dénonce l'arrogance des dirigeants des pays les plus puissants qui ont présenté un pseudo accord « à prendre ou à laisser » et qui favorise le marché du carbone et les transnationales du Nord. De plus, il est particulièrement injuste de ne pas reconnaître « la responsabilité différenciée » entre les Etats et de vouloir imposer les mêmes engagements aux pays émergents.
Pas de contrainte, aucun objectif aux horizons 2020 ou 2050, pas de calendrier ni de mandat pour la signature d'un traité l'année prochaine à Mexico : difficile d'imaginer pire conclusion pour la conférence de Copenhague, prématurément désignée en anglais comme celle de l’Espoir (Hope-nhagen). « Les quelques engagements chiffrés ne nous permettront pas de rester sous la barre des 2°c mais nous oriente plutôt vers plus de 3°c d'augmentation moyenne des températures, donc vers un chaos inimaginable. » déclare Green Peace. Le MRAP est scandalisé par l'irresponsabilité de ceux qui ont conduit à cet échec. Outre l'’irresponsabilité à l’égard des générations futures, l'échec de Copenhague traduit le mépris pour les peuples -tout particulièrement les plus pauvres de la planète - qui subiront les premiers les effets de la catastrophe planétaire documentée par les scientifiques et dénoncée par les ONG spécialisées dans la défense de l'environnement.
Combien de famines supplémentaires, combien de nouveaux migrants « climatiques » jetés sur les routes de l'exode, combien de catastrophes qui n'auront rien de « naturelles » ces degrés supplémentaires vont ils engendrer ? Deux degrés de plus pourraient entrainer 200 à 250 millions de « réfugiés climatiques » qui ne sont aujourd’hui protégés par aucun statut juridique ! Combien de guerres pour le contrôle des réserves d'eau de la planète? Combien de millions de morts supplémentaires en raison de la propagation de certaines maladies climato-dépendantes: paludisme, maladies diarrhéiques…, les populations les plus pauvres étant les premières victimes d'une situation à laquelle elles auront le moins contribué ? «En retardant leur action, les pays riches ont condamné des millions de gens à la faim », a déclaré Nnimmo Bassey, président des « Amis de la terre ». Les Etats-Unis de Barak Obama se sont inscrits dans la droite ligne de Georges Bush. Quand à l'Europe, elle s’est révélée incapable de jouer le rôle qu’elle prétendait et qui constituait son devoir moral.
Pourtant, Copenhague avait soulevé d’immenses espoirs, mobilisé des millions de gens, partout dans le monde, qui ont exigé un débat mondial sur l'urgence de sauver la planète et l'humanité. Cette mobilisation citoyenne – qui est le seul réel espoir pour aujourd’hui et pour demain - doit se poursuivre. Devant l'échec de Copenhague, le Président bolivien Evo Moralès n’a-t-il pas annoncé son intention de lancer une consultation mondiale en déclarant :« C'est aux peuples de décider de l'avenir de la planète ». Aux peuples de décider, ! Tel était l'objectif, le 26 juin 1945 , de la Charte des Nations Unies, signée par 50 Etats et censée parler au nom des « peuples souverains ».
Paris, le 22 décembre 2009
Last modified 2009-12-22 03:16 PM

