Aller au contenu. | Aller à la navigation


Souscription
  Tout savoir sur le MRAP Communiqués officiels Activités locales Contact ENGLISH  
Outils personnels
Vous êtes ici : Accueil Citoyenneté Jacques Chirac : après le discours, l'urgence d'actes concrets

Jacques Chirac : après le discours, l'urgence d'actes concrets

 Le MRAP tient à exprimer son soulagement partiel devant les propos du chef de l'État qui reconnait enfin la signification sociale revelée par les violences de ces 18 derniers jours. Tout en regrettant vivement le lien fait entre ces violences et l'immigration, le MRAP prend acte de certaines paroles fortes, attendues bien que tardives à l'endroit des jeunes de banlieue, notamment en reconnaissant qu'ils sont « tous filles et fils de la République » que la République a longtemps oublié en matière de droits, de dignité, et de respect. La reconnaissance verbale, une fois de plus, de la gravité de cette plaie au flanc de notre démocratie que sont les discriminations, ces mises en acte du racisme qui affectent non seulement les immigrés mais aussi des Français de deuxième voire de troisième génération issus de ces populations, doit être rapidement suivi d'effet et surtout de résultats visibles et conséquents.

 A cet égard, le MRAP est en désaccord avec la proposition de Dominique de Villepin de desaisir la justice de certaines « petites » affaires pour les confier à la Haute autorité de lutte contre les discriminations (HALDE). Il pense que la dépénalisation du traitement des plaintes de discriminations et leur traitement par la HALDE conduirait à minimiser la réalité de ces pratiques discriminatoires, et à empêcher les victimes de ces délits de bénéficier, comme tout citoyen, de la justice : paradoxalement, ce dispositif génèrerait une discrimination supplémentaire.

 Le MRAP estime que les moyens mis en oeuvre pour la HALDE ne sont absolument pas à la hauteur pour faire cesser les pratiques discriminatoires et les rendre illégitimes. Il attend de la justice une multiplication des condamnations exemplaires.

Enfin, le MRAP estime que si le Président de la République se présente comme pompier devant une fracture sociale et ethnique, il n'en demeure pas moins que l'apaisement dans les quartiers populaires doit aussi passer par une neutralisation des attitudes pyromanes d'un certain nombre de ministres et d'élus.

Paris, le 15 novembre 2005.

Actions sur le document