Trois mois de prison avec sursis requis contre deux policiers municipaux accusés de dégradations
MEAUX, 3 avr 2007 (AFP) - Le procureur de la République de Meaux a requis mardi
trois mois de prison avec sursis à l'encontre de deux policiers municipaux de
Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne) *accusés d'avoir dégradé les clôtures d'un
campement de tziganes bulgares en décembre 2005*. Régis Bories, 43 ans, chef de la
police de Bussy, et Fabien Gil, 35 ans, son adjoint, comparaissaient pour
"dégradation grave du bien d'autrui commise en réunion".
Le 20 décembre 2005, tous deux s'étaient rendus, accompagnés d'une femme
policier et d'une assistante sociale, sur les lieux du campement pour enjoindre
aux 14 Roms qui y résidaient depuis environ depuis deux ans de quitter leurs
caravanes pour se rendre dans un gymnase pour une nuit.
Selon les tziganes, et deux journalistes locaux témoins d'une partie de la
scène, il s'agissait d'une *tentative d'expulsion, illégale*, au cours de laquelle les
policiers, agissant "comme des cow-boys", ont détruit des clôtures, arraché des portes,
renversé une table, fendu une vitre, cassé un fil à linge.
Ces dégradations ont été constatées par les policiers du commissariat de Lagny contactés
par "Le Parisien" et par M. Bories.
Selon les prévenus, en revanche, il s'agissait, à l'approche du froid hivernal, de proposer aux
Roms un hébergement provisoire, à la demande du maire, auquel le préfet avait écrit un
courrier en ce sens.
Les journalistes interrogés avaient affirmé que les policiers, découvrant leur présence,
s'étaient exclamés "merde, la presse", et avaient voulu leur prendre leurs appareils photo.
La représentante du ministère public a dénoncé des "voies de fait intolérables de la part de
dépositaires de l'autorité publique", soulignant qu'il était "difficile de croire que l'objectif était de
venir en aide à ces personnes".
L'avocat des deux policiers, Me Marc Giommoni, a minimisé les dégâts provoqués et dénoncé
une "kabbale" orchestrée par les Roms et les journalistes, rappelant les rapports tendus entre
la presse locale et le maire de Bussy, Hugues Rondeau (UDF).
Le tribunal correctionnel rendra son jugement le 12 juin.
Last modified 2007-05-08 03:23 PM


