Face au racisme et à la misère extrême des Rroms dans leurs pays de nationalité
L’Europe et la France doivent impérativement cesser de pourchasser ces « citoyens Européens » et leur garantir l’accès aux droits fondamentaux sur leur sol
Le 28 janvier dernier, à 7h00 du matin, cent cinquante habitants du camp de Rroms, situé derrière le centre commercial de Villabé (Essonne), ont fait l’objet d’un départ pour la Roumanie, présenté par la préfecture de l’Essonne comme « volontaire ». De même, conformément aux prévisions annoncées de la préfecture, un autre groupe de quelque 130 Roms a dû quitter la France dans les mêmes conditions le 30 janvier. Qu’adviendra-t-il des 60 personnes demeurées à Villabé ?
Plutôt que de « volontariat », il s’agit bien davantage de la poursuite des opérations de l’ANAEM visant à encourager les départs par le versement de primes, dans ce cas 300 € par adulte et 100 € par enfant ainsi que, le cas échéant, d’un montant de 3.600 € pour financer un éventuel « projet économique » en Roumanie. Les Rroms ont donc « accepté » les offres de l’ANAEM.
Ce mécanisme avait déjà défié la chronique lors d’évictions ayant eu lieu à Saint-Etienne, Bondy, Saint-Denis, Pierrelaye et Bagnolet, en septembre et octobre 2007, assorties de mise en œuvre d’OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) préfectorales et déjà présentées comme opération de départs dits « volontaires » , en réalité « humanitaire » pour personnes « dépourvues de ressources » vers le pays d’origine.
Le simulacre de départs volontaires des 28 et 30 janvier 2008 constitue une bien curieuse procédure à l’égard de citoyens de l’Union Européenne. S’en étonner n’est pas de mise alors que ce départ de Villabé a précédé de peu de jours le bref voyage du Président de la République en Roumanie pour y signer un « partenariat stratégique » et y jeter les jalons de la future présidence française de l’Union Européenne au second semestre 2008. Comme l’a déclaré le Président Traian Basescu, « la France bénéficiera du soutien de la Roumanie pour mettre en œuvre intégralement les objectifs de la présidence de l'UE » qui comprennent prioritairement énergie et climat, immigration, agriculture et sécurité.
En outre, l’ensemble des opérations récentes de reconduite collectives à la frontière de Rroms Européens pourraient présenter l’avantage de « nettoyer » un certain nombre de terrains avant les élections municipales et permettre de perpétuer en 2008 la « politique du chiffre » appliquée par le ministre Hortefeux pour atteindre la cible renouvelée des 25.000 reconduites annuelles.
Quand les Rroms encouragés au départ reviendront-ils en France, poussés au désespoir par le racisme prégnant qui en fait des sous-citoyens, sans accès au travail ni à la santé, dans leurs pays de nationalité ?
Le MRAP dénonce avec vigueur les pratiques et les politiques qui font des Rroms, en France comme dans l’ensemble de l’Europe, les victimes toujours actuelles d’un racisme multiséculaire et omniprésent ainsi que d’une situation sociale intolérable et dégradante.
Les Rroms, « Citoyens Européens », doivent être partout traités avec dignité et bénéficier de tous les droits fondamentaux, dont le droit à la santé et à l’éducation, ainsi que d’une régularisation de leur statut administratif alors que nombre d’entre eux sont présents en France depuis de nombreuses années.
Paris, 6 février 2008
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renee
Last modified 2008-02-08 12:31 PM
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