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Nous ne serons pas complices. Relaxes pour Pierre-Alain Mannoni et Cédric Herrou

Pierre-Alain Mannoni, poursuivi devant le tribunal de Nice pour avoir secouru des migrants dans le besoin, a été relaxé ce vendredi 6 janvier 2017.
Le MRAP salue cette décision conforme aux exigences de solidarité envers les plus démunis.

Mais Cedric Herrou est encore poursuivi devant ce même tribunal pour les mêmes raisons. Le procureur a requis contre lui de la prison. Comme Pierre-Alain Mannoni, Cédric Herrou doit être relaxé.

Les procureurs requièrent régulièrement des peines de prison pour "aide à l’entrée, à la circulation et au séjour de personnes en situation irrégulières".

Quels que soient les arguments des procureurs, le MRAP réaffirme sa totale solidarité avec tous ceux qui apportent aide et soutien aux migrants dans le besoin.
Ne nous y trompons pas, ces procès sont politiques.

Quel qu’en soit le verdict final, l’État veut faire oublier ses carences, son incapacité à protéger les personnes en détresse et particulièrement les Mineurs Isolés Etrangers, en dépit de ses engagements internationaux. Il veut faire oublier sa politique de refus d’un accueil responsable des migrants. Il veut intimider ceux qui agissent solidairement en soutien aux personnes en situation de précarité sans se soucier de savoir si elles sont ou non en situation régulière. Il veut criminaliser l’action des personnes engagées auprès des migrants.

Le MRAP refuse que des populations visées par des politiques ou des pratiques d’exclusion soient privées de soutien.

Le délit de solidarité doit être totalement aboli et l’hypocrisie des pouvoirs publics doit cesser.

La France et l’Union européenne doivent faire cesser leur aveuglement et leur surdité face à la détresse des migrants. Il faut une toute autre politique d’accueil qui respecte les Droits Humains.

Paris le 6 janvier 2017

crédit photo : AFP/Archives / Yann COATSALIOU