Les fichiers de police
Les fichiers de police
I° Les principaux fichiers de la police
Les fichiers | Texte | Finalité | Contenu | Les personnes fichées |
Le Système de traitement des infractions constatées (STIC) | Crée par Décret du 5 juillet 2001 | L'exploitation des informations contenues dans les procédures établies par les services de police, dans le cadre de leur mission de police judiciaire, aux fins de recherches criminelles et de statistiques. | Informations nominatives relatives au suspect et à la victime ainsi que la qualification des faits (informations issues des procès-verbaux policiers) | ¨Informations sur les suspects : toute personne sans limitation d’âge à l’encontre de laquelle il existe des indices ou des éléments graves et concordants attestant leur participation à la commission d'un crime, d'un délit ou de certaines contraventions de 5ème classe ¨Informations sur les victimes de crime, délit et de certaines contraventions de 5ème classe |
Le Fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) | Crée par Décret du 8 avril 1987 | faciliter la recherche et l'identification, par les services de la police nationale et de la gendarmerie nationale, des auteurs de crimes et de délits et de faciliter la poursuite, l'instruction et le jugement des affaires dont l'autorité judiciaire est saisie. | -Les empreintes digitales enregistrées sont accompagnées des informations suivantes : -Les nom, prénoms, date et lieu de naissance, filiation et sexe - Le service ayant procédé à la signalisation - La date et le lieu d'établissement de la fiche signalétique -La nature de l'affaire et la référence de la procédure. - Les traces sur certaines scènes de crimes
| ¨Informations sur les suspects Les empreintes relevées dans le cadre d'une enquête pour crime ou délit flagrant, d'une enquête préliminaire, d'une commission rogatoire ou de l'exécution d'un ordre de recherche délivré par une autorité judiciaire, lorsqu'elles concernent des personnes contre lesquelles des indices graves et concordants de nature à motiver leur inculpation auront été réunis ou des personnes, mises en cause dans une procédure pénale, dont l'identification certaine s'avère nécessaire ¨Informations sur les détenus |
Le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) | Crée par la loi du 17 juin 1998 relative à la répression des infraction sexuelles | faciliter l'identification et la recherche des auteurs de certaines infractions | -Les échantillons biologiques des suspects et condamnés -Les traces recueillies sur certaines scènes de crimes -Echantillons biologiques prélevés sur cadavres lorsque mort suspecte -Echantillons biologiques issus d’une personne disparue -Echantillons biologiques d’ascendants et descendants de personnes disparues avec leur accord
Les données génétiques sont accompagnées : n° de la procédure autorité qui a demandé l’enregistrement date de la demande d’enregistrement ou de la condamnation définitive nom de la personne qui a effectué l’analyse nature de l’affaire état civil | ¨Informations sur les suspects : personne à l’encontre de laquelle il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable la commission d’une infraction visée à l’art. 706-55 CPP ( infractions sexuelles et diverses atteintes aux personnes et aux biens) ¨Informations sur les personnes définitivement condamnées pour la commission d’une infraction visée à l’art. 706-55 CPP |
Le Fichier des personnes recherchées (FPR) | Crée par Décret du et arrêté du 15 mai 1996 | Faciliter la recherche et l'identification, par les services de la police nationale et de la gendarmerie nationale, des auteurs de crimes et de délits et de faciliter la poursuite, l'instruction et le jugement des affaires dont l'autorité judiciaire est saisie.
| Etat civil, alias, sexe, nationalité Signalement Motif de la recherche Conduite à tenir en cas de découverte
| Figurent les informations : -Pour l’exécution d’une décision de justice ou dans le cadre d’une enquête de police judiciaire -A la demande des autorités administratives, militaires |
II° Les durées de conservation des principaux fichiers de la police
Exigence constitutionnelle
Prise en considération de la minorité de la personne dans la modulation de la durée des données contenues dans le fichier (DC 13 mars 2003, Loi pour la Sécurité Intérieure)
Principe issu de la loi 6 janvier 1978 dite informatique et libertés modifiée :
La durée de conservation des données nominatives contenues dans les fichiers ne peut excéder la finalité de ce fichier
| Durée de conservation des majeurs | Durée de conservation des mineurs |
Le STIC | 20 ans est la durée de conservation de principe/ 40 ans pour les infractions les plus graves figurant en annexe du Décret / 5 ans pour les infractions les moins graves figurant en annexe du Décret | 5 ans est la durée de conservation de principe/ 10 ans pour certaines infractions figurant en annexe du Décret/ 20 ans pour les infractions les plus graves figurant en annexe du Décret |
Le FAED | Ne peut excéder 25 ans | Ne peut excéder 25 ans |
Le FNAEG | Durée de conservation des empreintes des suspects : 40 ans Durée de conservation des empreintes des personnes condamnées : 25 ans | Durée de conservation des empreintes des suspects : 40 ans Durée de conservation des empreintes des personnes condamnées : 25 ans |
Le FPR | Pas de durée maximale | Pas de durée maximale |
III. La consultation des fichiers de police : qui a accès aux fichiers de police ?
| Autorités policières | Autorités judiciaires | Autorités administratives |
Le STIC | Nécessité d’une habilitation spéciale et individuelle | Le Parquet Les Juges d’Instruction En aucun cas le juge de jugement | Pour les enquêtes de moralité la consultation des fichiers peut être obligatoire (ex : délivrance ou renouvellement des titres de séjour )ou facultative (ex : habilitation emploi relevant du domaine de la sécurité) |
Le FAED | Fonctionnaires dûment habilités du service d’identité judiciaire du Ministère de l’Intérieur et des Unités de recherche de la gendarmerie | Non | Non |
Le FNAEG | Personnel de la police technique et scientifique spécialement affecté dans le service mettant en œuvre le traitement et dûment habilités à la demande des OPJ ou de l’autorité judiciaire | Oui | Non |
Le FPR | Police et gendarmerie Et les services de police d’Etats liés à la France par une Convention ou un accord international les y autorisant | Oui sans aucune limitation | Oui mais pour les seules recherches relevant de leurs attributions |
III° Le droit d’accès aux principaux fichiers de la police
| Nature du droit d’accès | Exercice du droit d’accès |
Le STIC | Droit d’accès indirect aménagé | Droit d’accès s’exerce par l’intermédiaire de la CNIL qui peut constater, en accord avec le Ministère de l’Intérieur, que certaines informations ne mettant pas en cause la sûreté de l’Etat, la défense et la sécurité publique qu’il y a lieu de communiquer les informations sous réserve que la procédure judiciaire soit close et après accord du procureur de la République. |
Le FAED | Droit d’accès direct | Droit qui d’accès qui s’exerce auprès du gestionnaire du fichier, auprès du directeur central de la police judiciaire du Ministère de l’Intérieur |
Le FNAEG | Droit d’accès direct : R 53-15 CPP | Droit d’accès qui s’exerce auprès du directeur central de la police judiciaire au ministère de l’Intérieur |
Le FPR | Droit d’accès mixte | Droit d’accès direct auprès du gestionnaire du fichier, Ministère de l’Intérieur ou de la Défense dans certains cas strictement définis Droit d’accès indirect par l’intermédiaire de la CNIL |
IV° Le droit de rectification des données conservées dans les principaux fichiers de la police
| Auprès de qui exercer le droit de rectification | Mise à jour des données (rectification/Effacement) | Rectification | Effacement des données |
Le STIC | -Le Procureur de la République
-La CNIL | - Se fait à l’initiative de la personne concernée
- Se fait à l’initiative du procureur de la République | -en cas de décision de non lieu, relaxe ou acquittement
-exiger que la qualification des faits finalement retenue par l’autorité judiciaire soit substituée à la qualification initiale enregistrée dans le fichier | Relaxe, acquittement = effacement obligatoire |
Le FAED | Directeur central de la police judiciaire du Ministère de l’Intérieur | - Se fait à l’initiative de la personne concernée
- Se fait à l’initiative du procureur général près de la Cour d’appel de Paris | Pas de disposition spécifique dans le décret mais droit à rectification des mentions inexactes du fichier | - Lorsque la conservation n’apparaît plus utile compte tenu de la finalité du fichier, le procureur général peut ordonner effacement d’office - Effacement au décès de la personne
|
Le FNAEG | Le Procureur de la République
| -Se fait à l’initiative de la personne concernée
-Se fait à l’initiative du procureur de la République | Pas de disposition spécifique mais droit à rectification des mentions inexactes | Lorsque la conservation des données n’est plus nécessaire à la finalité du fichier, le procureur peut décider de la suppression des empreintes d’office ou à la demande de l’intéressé par LRAR = pouvoir d’appréciation du procureur qui a 3 mois pour répondre et recours possible devant le JLD puis le président de la Chambre de l’instruction |
Le FPR | La CNIL | Se fait à l’initiative du service qui a demandé l’inscription au fichier | Pas de disposition spécifique mais droit à rectification des mentions inexactes | Découverte de la personne Extinction du motif de la recherche |
Last modified 2008-04-30 02:37 PM


