Communiqués

Présidentielle 2017

8 mai 1945 – 8 mai 2017

le MRAP rend hommage aux « oubliés de l’histoire » et appelle à faire barrage au Front National

Le 8 mai 1945 était signée la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie. Après 60 à 80 millions de morts dont 45 millions de civils, près de 6 millions de Juifs et des centaines de milliers de Tsiganes victimes des camps d’extermination, les peuples étaient « venus à bout de la bête immonde ».

Aujourd’hui, Marine Le Pen est arrivée au second tour des élections présidentielles avec un score de plus 21 %, soit 7,6 millions de voix ; elle est aux portes du pouvoir.

A l’heure où les idéologies racistes se développent dans de nombreux pays européens, il est impératif de rappeler inlassablement que les discours de haine et d’exclusion conduisent toujours aux pires crimes que l’humanité ait connus. N’oublions pas que pour Jean Marie Le Pen, les camps d’extermination ne sont « qu’un détail de l’histoire » et que le 27 janvier 2012, date même de la commémoration de la libération du camp d’Auschwitz, Marine Le Pen, invitée d’honneur du FPÖ - principale organisation d’extrême-droite autrichienne - participait à Vienne à un bal de « l’Olympia », organisation de tradition néonazie, antisémite et négationniste.

Jean-François Jalkh, pressenti pour prendre la présidence par intérim du FN, avait remis en cause, l’utilisation du gaz Zyklon B dans les camps d’extermination nazis et tenu des propos négationnistes. Il a été remplacé par Steeve Briois, convoqué le 11 octobre prochain devant la 17e chambre du Tribunal Correctionnel de Paris pour provocation à la haine raciale et diffamation raciale. Ce procès fait suite à un tweet publié par l’élu frontiste le 23 novembre dernier dans lequel il déclarait : « La répartition des migrants a pour conséquence l’explosion des agressions sexuelles, en Allemagne, en Suède, en Autriche ».


Et on veut nous faire croire que le Front National a changé !

C’est pourquoi, en ce 72ème anniversaire de la victoire sur la barbarie nazie, à l’heure où ce parti raciste et xénophobe menace la République et fait de la lutte contre les émigrés sa priorité numéro 1, le MRAP se doit de rappeler qu’à cette victoire sur le IIIe Reich et sur le fascisme ont contribué, à côté des alliés –Soviétiques, Américains et Anglais pour la plupart – de nombreux combattants « venus d’ailleurs ».

Dès 1939, 70 000 étrangers s’engagent dans l’armée française, en 1940, 150 000 « coloniaux » sont massés sur le front, un grand nombre de ces étrangers se retrouvent dans la Résistance ou dans les armées de la France Libre.

Ils venaient d’Afrique noire et du Maghreb, mais aussi de l’Europe toute entière, pour contribuer à sauver la France du nazisme.
Les uns avaient fui l’idéologie fasciste qui avait d’abord triomphé en Italie, puis en Allemagne et en Espagne ; d’autres, colonisés, espéraient que leurs peuples bénéficieraient, eux aussi, de cette liberté chèrement acquise pour sortir du statut colonial et devenir des citoyens de leurs propres patries.

On ne demandait pas alors aux combattants étrangers de la résistance s’ils mangeaient de la viande hallal ou s’ils avaient des papiers ! Ils étaient Algériens, Marocains, Tunisiens, Africains, Antillais, Malgaches,
Ils étaient ceux de la Main d’Œuvre Immigrée (MOI), notamment du groupe Manouchian désignés comme « terroristes » sur l’Affiche rouge,

Ils étaient Républicains espagnols qui, dans des chars baptisés Guadalajara, Ebro, Teruel, Brunete, Madrid, Don Quijote, furent les premiers à entrer dans la capitale française. La Nueve, ou neuvième compagnie, est le nom de l’une des unités qui composaient la 2e Division blindée du Général Leclerc qui s’est illustrée sur le sol africain et européen en 1944-1945 pour repousser les nazis jusque dans leur dernier retranchement du nid d’aigle de Berchtesgaden,

A la veille de ce 8 mai 2017, où le parti de la haine vise le pouvoir, le MRAP se doit de rendre hommage, « à ces étrangers et nos frères pourtant » qui ont lutté pour que la devise Liberté, Égalité, Fraternité ne soit pas un vain mot.

Paris, le 4 Mai 2017